Denise LECLERC, fut la première marraine des Gambettes Mâconnaises. A 83 ans...cette grande championne est toujours en piste et avec la même passion pour la course à pied.

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Si Usain Bolt a montré ses limites à 30 ans, aux championnats du monde d’athlétisme, Denise Leclerc, octogénaire qui en paraît 20 de moins, n’a pas dit son dernier mot. Née le 10 octobre 1933, la Clunisoise de cœur a le virus de la gagne et de la compétition. « J’ai besoin de ça, confie-t-elle. Je me fais plaisir en faisant de gros efforts. Je sais que certains trouvent cela ridicule. Mais je fais cela pour moi, juste pour moi. »

 

Championne d’Europe en 5 000 m et 1 500 m

La vue de son palmarès donne le tournis ( lire par ailleurs ). Ses derniers podiums datent des championnats vétérans d’athlétisme au Danemark, du 26 juillet au 6 août. Elle a remporté avec brio le 5 000 m en 28’14.14 et le 1 500 m en 8’12.38, « en dépassant deux athlètes de la catégorie en dessous de la mienne ». La championne d’Europe suit à la loupe ses résultats : « En quatre ans, j’ai presque perdu 2 minutes. Mes chronos baissent. Je me bats sur moi. »

Et pourtant, rien n’était gagné pour la Clunisoise, ancienne fumeuse, qui a commencé à courir en 2001. « Jeune, j’ai commencé par le volley-ball puis la gymnastique. J’ai toujours fait du sport. » Mais c’est une rencontre qui va tout changer pour l’octogénaire. Esthéticienne, elle noue des liens d’amitié avec une cliente qui marche dans une association sportive de la région parisienne. « Elle m’a dit : “et si nous marchions ensemble le samedi et dimanche ?”. Je lui ai répondu “oui”. » Elle devient alors amie avec des athlètes, qui faisaient déjà les championnats vétérans d’athlétisme. « Un jour, l’un d’entre eux m’a questionnée : “pourquoi tu ne tenterais pas ta chance ?” J’avais entre 45 et 50 ans. »

« Je m’entraînais la nuit ! »

Elle se présente alors à l’ES de Colombes. « J’ai été si bien accueillie que ça a fait ma carrière. J’ai mis mon dossard et c’était parti ! Je n’ai jamais pu m’arrêter », se souvient-elle. À 48 ans, elle court les 28 heures de Roubaix en avalant 195 km. « Je m’entraînais la nuit ! J’ai quitté mon salon, puis je suis partie tout le week-end. Je me disais que ça allait être le bagne. À l’époque, quatre femmes françaises étaient dans la course. » Des souvenirs inoubliables pour la Clunisoise, qui la mèneront à ses premiers mondiaux vétérans en 1991. Depuis, elle collectionne les médailles, d’or de préférence, et les records du monde en marche athlétique ou sur 5 000 et 10 000 m.

Aujourd’hui licenciée au club de Chenôve, Denise Leclerc s’entraîne tous les deux jours dans le Clunisois, aidée de son compagnon de route, François Poncin. « C’est plus fort que moi, je ne peux pas m’arrêter. Le fait d’avoir du succès dans une compétition me motive. C’est une fierté. » Prochain challenge pour l’athlète : « Je compte bien faire mes 5 000 m jusqu’à mes 85 ans. »

Laurie Bouclet