Le cocktail de l’ultra volcanique

A peine trois mois après la Saintélyon, je me suis aligné sur l’Ultra Volcanique au mensuration très semblable : 73km et 2500 mètres de D+ et D- (750 de plus que La Sainté)

La distance n’est pas exceptionnelle. Je me suis préparé convenablement à grand renfort de rando course. La difficulté pour moi : les barrières horaires. Je n’ai jamais été rapide mais l’âge venant le diesel tourne sans à coup, ni accélération...Vu mon niveau je pense que si tout va bien je peux mettre 13h15 sachant que la course est donnée au max en 13h30...Les différentes BH sont du même calibre : j’estime pouvoir les passer mais avec jamais plus que 15 à 20mn d’avance. Autant dire que je ne suis pas totalement rassuré !

Partir de Volvic c’est immédiatement prendre 400 m de D+. A 5h00 du matin dans la fraîcheur et la brume je ne pousse pas la mécanique. Je cours, je marche relax avec un gras bien sympa. Quelques hectomètres plus tard...je me rend compte que c’est le serre-file. Je gamberge puis me rassure ; après tout cela prouve que mon départ est prudent.

Moins de deux heures après le départ, je rattrape les premiers concurrents et leur laisse mon accompagnateur.
Le temps est paisible. La vue sur le parc des volcans d’Auvergne est superbe. Je ne prend pas de photo...trop peur de l’élimination.
Premier ravitaillement à Vulcania : surprise j’ai 20mn d’avance sur ma feuille de route.
Tout va bien

En route vers le Puy de Dôme ! Le ciel s’obscurcit très sérieusement, le vent se lève et peu à peu la neige fait son apparition. Au second ravitaillement, je croise les coureurs qui redescendent. Certains ont mis les chaînes à leurs chaussures...La montée très difficile vers le Puy de Dôme est de plus en plus enneigée et verglacée. Après quelques petits dérapages, je me pose dans la neige et j’enfile les chaînes. Vite car je commence à être congelé . C’est le fameux week-end de début mars, le vent doit être à 80 et la température est très basse. Encore 1km je rentre dans un autre monde : au sommet le vent est à 120km et la température ressentie est largement inférieure à -10°. Le tour du cratère fait 800 mètres : la neige colle à mes lunettes, le vent me scotche sur place, il n’y a plus de parcours visible et la poudreuse est piégeuse au possible...je mettrai 15mn pour faire le tour ! Le redescente est super prudente. Nombres de coureurs sont à l’arrêt sans les chaînes.

Arrivée à la BH (47ème km) je n’ai plus que 10mn d’avance !

Bonne nouvelle, il n’y a plus de neige. Mauvaise nouvelle, les trombes d’eau transforment tous le dénivelé en ruisseau de boue puis en ru. La baignade est autorisée !

Je continue mon bonhomme de chemin. De nombreux concurrents reviennent sur moi. Ils avaient été retardés dans le Puy de Dôme faute d’équipement adéquat.

La Gare de Volvic (km 61) est un soulagement pour moi car j’ai maintenu mon temps à 15mn au dessus de la seconde BH. Je souris, je discute avec d’autres concurrents...et nous loupons un embranchement. Le vent a enroulé les rubalises, la pluie a rincée mes lunettes, l’étourderie a fait le reste ! Prix à payer : 10mn, le temps de s’en rendre compte, d’insister puis de faire demi-tour.

Les 12 derniers km sont dantesques. C’est le déluge. On ne discute plus. Chacun dans sa bulle. Les chaussures restent engluées, les descentes sont mortelles et les côtes...(au fait il ne devrait plus y en avoir...)
Malgré tout j’ai le moral. Arrive les 700 derniers mètres toujours sous le déluge, mais sur goudron. Les bénévoles crient les consignes, montrent le chemin, tourne à droite, tourne à gauche...je n’y vois rien !

Arrivée en 13h45. Je dois avoir l’œil vitreux car les secouristes de la croix rouge semble s’intéresser à moi. Comment vous vous appelez, et quel age, et où vous habitez...Puis comme j’ai donné les bonnes réponses et que je semble bien plus intéressé par le ravitaillement d’arrivée, ils me quittent. Dommage ils étaient sympas.
Une anecdote : tout mon équipement était propre, chaussures, bâtons et survêtement n’avaient aucune trace de boue. Les 7OO derniers mètres sur le goudron et sous la pluie battante les avaient douché littéralement !

Bilan : une vraie belle organisation dans un magnifique pays. Un trail cocktail : 1/3 de beau temps 1/3 de neige et 1/3 de trombes d’eau...vous en reprendrez bien un petit peu ?

 

Commentaires   

Gilles GRÉGOIRE
0 #5 Gilles GRÉGOIRE 28-03-2017 22:15
Bravo Bernard. des conditions dantesques font que tu a encore plus de mérites. bonne récup :P
Citer
BERNARD alias Emile Pattes
0 #4 BERNARD alias Emile Pattes 27-03-2017 07:16
Un grand bravo pour cette course dantesque et ton récit où l'on comprend que courir n'est pas seulement mettre un pied devant l'autre ... L'hiver se termine, ta prochaine course devrait être un peu moins...polaire
Citer
Sylvie
+1 #3 Sylvie 26-03-2017 12:11
Chapeau , encore un beau récit d ' une belle aventure.
Citer
Hub
+1 #2 Hub 25-03-2017 22:54
chapeau et respect Bernard, bravo à l'homme au long cours
Citer
jpb
+1 #1 jpb 25-03-2017 19:12
Merci pour ton récit il m'a fait voyager avec toi et m'a rappelé quelques galères de course mais jamais à ce point! Bravo à toi et maintenant bon repos
Citer