Le Trail des Bogomiles 19 et 20 octobre 2017 est un trail de 105km et de 4450 de D+ et D-. Pour moi qui n'ai jamais dépassé les 100km (Millau) et échoué à deux reprises sur ce format (UBVT abandon au 96ème et UTCO sortie sur une Barrière Horaire -BH-) c'était un défi.

Le départ de la course est donné à CARCASSONNe. je porte les couleurs des mille pattes MACON...Le départ de la course est assez roulant. Comme d(habitude je pars bon dernier: je sers de justification au serre-file! La route est longue.

 

Je saute le 1er ravitaillement situé à 6km du départ et quitte mon ange gardien. Je rentre vraiment (enfin) dans le Trail des Bogomiles. Ici les dénivelés sont entre 15 et 20%. Les montées et les descentes s'enchînent rendues très glissantes par les pluies d'orages de la veille. Rapidement sous ce temps gris et venteux, les 800 mètres de D sont atteints.

La première BH à Molière sur Alberte (19km) se passe avec 25mn d'avance...parti trop vite? Je décide donc de ralentir un peu. Mais c'est difficile de ne pas se laissr entrainer par les coureurs...d'autant que si ils sont avec moi, c'est que leur niveau est relativement comparable. Donc plus ou moins consciemment je force un peu trop dans les montées et cours là, où marcher aurait suffit. et de fait au 30 _me km j'ai 1h25 d'avance sur la BH et je suis en avance sur mon plan de marche (je prépare mes trails longs avec un tableur pour estimer le plus rationnellement possible, mes temps de courses.)

L'étape qui suit est la plus longue et une des plus difficiles: 1000 mètres de D en à peine 20km. Il fait encore jour puisque nous sommes partis à 9h00. Je commence à avoir des compagnons de course stables. Il y a ce couple de toumousains venues directement du maratrail au Bogomiles ou bien ce monteur cableur de chez Safran. Des rencontres diverses mais nécessairement superficielles, écourtées par un ravitaillement, par un coup de mou ou par un petit pépin technique. Pour cette étape 4h00 en autonomie complète, les routines trail fonctionnenet à plein régime: boire toutes les 12 mn, veiller à ne jamais être au seuil, ouvrir les yeux, ouvrir les yeux, ouvrir les yeux...

Seconde BH atteint en 9h28 à 2 mn de mes estimations initiales et surtout à 2h00 de la BH...je peux enfin me décontracter. Nous sommes au chateau d'Arques. C'est une base de vie: le moment de se refaire une santé qui commence justement à donner quelques mauvais signes...Je change de maillot (adieu celui des Milles Pattes...mais pardon c'est la nuit qui tombe, le maillot n'aurait de toute façon pas été vu) et de chaussettes, en tout 35 mn de halte. Indispensable car depuis quelques km je ressens des difficultés à m'alimenter. Rien ne passe. Je prends une pate de fruit ou d'amande toutes les heures seulement...mais à chaque fois je manque de la vomir. C'est vous dire si la pause me fait le plus grand bien...moins pour le coté ravito que pour le coté chaise.

Voilà la nuit et je suis reparti. Les trois étapes qui suivent sont infernales. Coté santé j'ai d'énormes problèmes gastriques (n'insistez pas, je n'en dirai pas plus) et coté trail: c'est du lourd et même du très lourd. Je ne regrette pas les bâtons car je suis obligé de me lancer dans nombres de descentes plongeant en avant comme un skieur (ajoutez à cela que ma vue n'est pas celui d'un jeune aigle... Les dévers sont effroyables et les pièges naturelles des petits chemins tortueux, le sont tout autant. J'ai pris plus de bûches dans ce trail que depuis le début de l'année. Les chevilles et les genoux sont tour à tour maltraités.

Coté BH je garde un écart de deux à trois heures. Depuis le 60ème km je ne cours plus...je randonne (pas pépère) De fait mon tableur me fais la gueule car 30mn par ci et 30 mn par là...les objectifs s'envolent.

A Montjausse-Palajas je sais que je vais finir. A ce ravito comme aux autres, la concentration est essentielle. Vider ses poubelles, rempir ses bidons, prendre du salé, etc...

Le jour se lève et j'aperçois CARCASSONNE. P..... qu'il est beau se lever du jour. Je n'ai pas dormi et je n'ai pas sommeil. Je regarde ma montre. Avec un peu de nerfs je peux le faire en moins de 24h00. Alors...je recours. C'est interminable...il nous font faire le tour des remparts, puis zig zag dans la ville, puis passer le pont vieux, puis encore 100 mètres. C'est long, c'est dur et je rentre dans le Dôme. Le speaker annonce mon nom, mon temps, on me félicite, on me met une médaille finisher... Je flotte.

Atterrisage quelques minutes plus tard. Encore quelques congratulations entre coureurs. Bravo, merci...Rentrer au gite. Ce que j'ai sommeil...

Reste à comprendre les pb gastriques qui ont failli me coûter cet ultra et ont entraver la bonne marche (encore un truc que mon tableur n'a pas prévu) Perso je mets cela sur le compte de la maltodextrine (il y en a dans le gateau-sport, il y en a dans la boisson d'effort (même dilué et même un bidon sur deux) et il y a dans les pates de fruits...

 

Commentaires   

Coco
0 #2 Coco 04-11-2017 23:06
En effet bravo Bernard et encore une de plus à ton actif !!!!
Chapeau bas !!!! Et puis Carcassonne le pays ou vit ma soeur avec sa petite tribut ça ne devait que bien se passer .
Bonne recup bises :lol:
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Hub
0 #1 Hub 31-10-2017 14:04
Bravo Bernard ,
impressionnant , le capitaine au long cours a encore frappé,
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