(Ultra-Trail du Mont-Blanc, 170km, 10.000m D+, temps maxi 46h30)

Chamonix, Vendredi 26 août, 17h58... la musique de Vangelis, "Conquest of Paradise",  s'élève au dessus de 2555 trailers venus de 87 pays !
J'ai la chair de poule, je me pince pour y croire : dans 2 minutes je vais prendre le départ de cette course mythique... je vais jouer dans la cour des grands !
Je repense à tous ces entrainements avec les copains 1000 pattes ou en solitaire, quelques sacrifices (5 kilos en moins depuis janvier), et mes caprices supportés par ma famille (des anchois au petit-déjeuner par exemple !).

 

…3,2,1, c'est parti ! le peloton piétine pour passer sous l'arche de départ. On se croirait au Tour de France, le public très nombreux sur plus d'un kilomètre, le passage étroit, on marche pendant 8 minutes avant de pouvoir trottiner. Un dernier coucou à ma famille, je lève les bras en signe de victoire car s'en est déjà une d'être là (il faut avoir les points de qualification, le tirage au sort favorable et ne pas se blesser pendant la préparation).
Un long faux-plat descendant de 7 km nous emmène aux Houches. Je règle mon allure à 9km/h, surtout ne pas s'emballer, le voyage va être long. Je savoure le crépitement des milliers de baskets sur le bitume...
Pas moyen de taper la causette : c'est un joyeux carnaval multilingue ; énormément d'asiatiques et surtout des Japonais, certains dans des tenues fluo Pokemon (Suis-je au Trail du Mont-Fuji ?).
Je rentre dans ma bulle pour attaquer la première "petite bosse" (800m D+) suivie d'une grosse descente vers St Gervais (1000m D-) qui va bien entamer les cuisses.

St Gervais, km21, vendredi, 21h05 :
J'arrive au ravito avec 45mn d'avance sur la première barrière horaire (il y en aura 12 autres). Je suis un peu rassuré car sur l'UTMB elles sont assez serrées jusqu'à mi-course.
On joue des coudes au remplissage des poches-à-eau, les bénévoles ne savent plus où donner de la bouteille, mais ils font un super boulot. Il y a une ambiance de feu dans St Gervais, un public encore très nombreux. Des enfants agitent des cloches énormes, les anciens des petites cloches !
J'allume la frontale et c'est un long cortège de lucioles qui remonte cette vallée interminable (14km) pour arriver à Notre Dame de la Gorge, au pied de la première grosse difficulté (1200m D+) : le Col et la Croix du Bonhomme (altitude 2439m).
Je gagne 15' de mieux aux 2 barrières horaires suivantes: j'arrose çà avec du Sang de Viking (mélange de fruits rouges et de lait d'avoine, bon régulateur de glycémie).
Un trailer vomit déjà sur le bas-côté, c'est le premier d'une longue série (beaucoup d'abandons sur problème gastrique). Est-ce par solidarité ou bien mon mélange est trop riche, mais je commence à avoir mal au bide…
Au pied du col, un feu de joie et les derniers spectateurs sont là pour nous souhaiter bon courage. On quitte le confort de la vallée pour entrer dans la montagne…
Je monte régulièrement, sans m'arrêter. Les bâtons me sont indispensables : tire, pousse, tire, pousse.....
A mi-pente je me retourne pour admirer la longue guirlande lumineuse qui serpente (ouf, je suis loin d'être le dernier !). Je lève la tête, c'est magique : les lampes frontales scintillent en zigzag jusqu'au ciel étoilé… pur moment de poésie.
J'arrive enfin à la Croix du Bonhomme à 2h43 et bascule dans la descente vers l'inconnu…

Les Chapieux, km49, samedi, 3h43 :
Mon avance se conforte, j'avale une soupe que j'épaissis avec des Tuc pour recharger en sel (petit truc tiré d'un excellent roman sur l'UTMB "La Course de Lumière", merci Gilles).
La route goudronnée qui nous mène à la Ville-des Glaciers est interminable. Je fractionne sur cette portion montante et double quelques coureurs. Mon ventre va mieux, ouf ! Je me couvre car le froid nous tombe dessus. On attaque la montée sèche vers le Col de la Seigne que j'atteins à 6h35.
Premier coup de mou dans cette montée, cette première nuit blanche a laissé des traces.
Puis doucement, la clarté se fait,  le soleil se lève et, comme dans un tableau, il peint en orangé les sommets environnants ; il me réchauffe, c'est comme une renaissance… et même la Renaissance Italienne car j'y suis : en Italie !
Un spectacle magnifique se présente alors : nous surplombons une mer de nuages d'où émergent quelques pics.
Petite descente facile puis on bifurque à gauche vers le col des Pyramides Calcaires. Ma joie est de courte durée : c'est un bordel de gros cailloux même pas rangés ! On en bave pour trouver les appuis, les batons se coincent entre les blocs.
Arrivé au col, on m'interpelle : c'est Christophe, un ami trailer d'un meilleur niveau que moi, que j'ai retrouvé avant le départ ; c'est son 2e UTMB mais là, assis sur un caillou, il a un coup de moins bien.
On fera la descente ensemble en prenant des relais... un vrai travail d'équipe !

Lac Combal, km66, samedi, 8h32 :
Au ravito, je consulte mon smartphone, j'ai 12 suivis SMS (famille et 1000pattes) ! Maxime, finisher de la TDS me booste bien. Je n'ai pas le temps de lire tous les autres messages,  je vais devoir embaucher une secrétaire !
Un jeune trailer vient s'assoir sur le banc à côté de moi pour taper la causette ; il me parle vomissements, je lui parle fabrication des gels, il me parle reflux gastriques..."Heu bon... je vais y aller, courage mon gars". Christophe est déjà parti devant, je le rattrape dans la montée vers l'Arête du Mont-Favre. Le soleil commence à taper sérieusement, à chaque ruisseau je me rafraîchis et trempe ma casquette. Un long sentier balcon nous emmène au dessus de Courmayeur. Je trottine dans un état proche du somnambulisme, quand soudain, une décharge d'adrénaline me parcourt l'échine, je fais un écart de côté : pendant une fraction de seconde j'ai vu le vide à droite alors qu'il est à gauche !!!
Hallucination, magie noire ou illusion d'optique dans mes verres galbés ? Ce phénomène étrange se reproduira 3 fois sur un kilomètre...
Au ravito du Col Chécroui, un caméraman me filme en train d'avaler une soupe (la télé Italienne ?).
Puis c'est la vertigineuse descente sur Courmayeur, dans la poussière et l'air étouffant... suis-je au Marathon des Sables ?


Coumayeur, km79, samedi, 12h16 :
J'arrive complètement euphorique à cette base de vie où m'attend mon sac intermédiaire. J'ai 1h45 d'avance sur la barrière horaire. Je compte faire une pause de 30'.
Un brin de toilette, puis inspection des pieds : de la corne mais pas d'ampoules ! (le jus de citron appliqué tous les soirs pendant 15 jours a bien tanné la peau).
Ce n'est pas le cas de ce pauvre coureur à côté de moi qui doit abandonner et laisser filer ses 2 potes, déchirant...
Tout pimpant, je m'approche du ravito : chouette, des pâtes excellentes ! Je prends le temps de les savourer puis je regarde ma montre: 45' se sont écoulées ! je stresse, mon avance a fondu.
A 59' de la barrière horaire je file sur le goudron surchauffé et attaque la rude montée vers le refuge Bertone. Que c'est cruel à l'heure de la sieste...
Au refuge Bertone c'est Happy Hour : eau gazeuse et éponge à volonté !
Puis on a 12 km assez agréables, souvent en forêt, pour atteindre le pied du très redouté Grand Col Ferret.

Arnouva, km97, samedi, 16h41 :
10' de pause. Je prends le temps de lire les messages. Yannick est Finisher CCC ! Yeeees... nos sorties en commun ont porté leurs fruits. Maintenant c'est à moi de ne rien lâcher !
On attaque le Grand Col Ferret sous le cagnard.
Ca devient vite galère, collé à la pente, j'avance au ralenti. Plus personne ne parle, chacun respire tant bien que mal. Je bois tous les 5' mais j'ai la gorge sèche en permanence.
Mon sac commence à peser (4.5kg avec le matériel obligatoire, la bouffe et la boisson) J'ai un point douloureux dans le dos.
1 heure plus tard, au 100e km, je lève la tête vers le col et y vois nettement une chope de bière géante qui m'attend !
Arrivé enfin au col, à 2527m d'altitude, je me fais une raison : pas de brasserie ici... J'admire le paysage à 360°, je passe en Suisse sans déclarer les lingots que je transporte et m'élance dans la pente.
Les jambes répondent bien et je double pas mal de trailers qui ne peuvent plus trottiner. L'espoir revient.

La Fouly, km110, samedi, 20h12 :
Superbe ravito, bien organisé, la Suisse quoi !
Par SMS, je donne rendez-vous à mon fils Léo qui doit venir m'apporter quelques affaires au prochain ravito.
L'orage gronde au loin, la pluie nous accompagne pendant les 10km de faux-plat descendant. Malgré la température enfin supportable, je transpire sous ma veste.
D'autre trailers ont choisi de ne pas se couvrir, le résultat est le même : nous sommes tous trempés.
Dans la rude montée vers Champex, une douleur au genou, jusque là discrète, se fait douloureuse et m'arrache des "Aïe !" à chaque marche un peu haute.

Champex, km124, samedi, 23h45 :
"Papa" ! Léo m'interpelle à 100m du ravito. Je ne l'avais pas vu, le nez dans le guidon et la frontale sur les baskets... essayez, c'est pas facile à faire :-)))
On entre sous ce chapiteau géant. J'ignore ostensiblement le poste "Abandons" et vais m'affaler sur un banc. Pendant que Léo va me chercher une soupe, je me change et fais le plein de barres, gels et lait d'avoine.
J'ai presque 3 heures d'avance et en profite pour aller voir les kinés. Très sympas et efficaces, ils diagnostiquent une inflammation d'un ligament et vont me garder 25'. Ils rigolent juste un peu en voyant le strapping que je m'étais fait, puis exercent leurs talents sur un splendide strapping rose fluo ! Merci les gars.
Je vais m'allonger 20' sous une autre tente, mais ne trouve pas le sommeil. Je repars cependant regaillardi, le dos et le genou soulagés, pour une seconde nuit blanche... ça passe ou ça casse !
Le long du lac, le froid humide m'oblige à me couvrir mieux ; je vais enfin utiliser tout le matos que je trimballe : gants, bonnet, polaire...
A 2h du matin, j'attaque la fameuse montée vers Bovine que je redoute (j'avais eu ici un gros coup de mou en 2013 lors de la CCC). Les marches sont hautes, le chemin encombré de blocs, c'est usant.
J'envoie dans mes écouteurs de la musique de méditation Tibétaine et je pioche... pioche... pioche...


Trient, km141, dimanche, 5h28 :
La descente nocturne fut longue et pénible, les cuisses douloureuses et la lampe pas assez puissante pour avancer plus vite.
J'arrive fourbu sous ce chapiteau bruyant et surchauffé. J'y croise Christophe qui va bien mieux (il terminera 2h avant moi). Je mange une soupe et je règle mon réveil pour 40' de sommeil assis sur le banc, la tête dans les bras sur la table (comme de nombreux autres trailers car il n'y a pas de lit de camp ici). Je sombre immédiatement dans un sommeil réparateur.
25' plus tard, je suis réveillé de façon très désagréable par des gouttes d'eau froide tombant du plafond, dans le cou : la condensation !!!
J'avale une soupe et repars comme si j'avais fait une nuit complète ; les capacités d'adpatation du corps humain sont incroyables.
Le jour se lève quand nous attaquons la montée vers Catogne.
Silence dans les rangs... seuls se font entendrent les râles de douleurs, les rôts et les dégazements (Amis de la Poésie, bonsoir !).
Mon genou est de nouveau sensible et m'arrache des "Aïe" auxquels répond un Japonais "Yéï".
Derrière, un géant des pays Nordiques pousse par intermittence un son gutural plus proche de l'otarie que du trailer "Uuuhaar" !

Vallorcine, km151, dimanche, 9h56 :
J'ai retrouvé des jambes dans la descente et arrive plein d'espoir à ce dernier gros ravito.
(2e petit truc du bouquin : j'ai avalé régulièrement des granulés d'homéopathie "Cuprum Métallicum", plus efficace sur moi que l'Arnica : pas de crampes !).
Je m'empiffre de gâteaux, refais le plein d'eau et repars pour la dernière grosse bosse.
Mon smartphone n'arrête pas de bipper, les SMS d'encouragements me galvanisent... ils m'auront porté durant les moments difficiles, merci encore à tous !
Le soleil plombe de nouveau sur les gros blocs à enjamber et je ralentis sensiblement l'allure dans cette montée interminable. Je ne lève plus la tête, le sommet n'arrive pas, la lassitude s'installe...
Soudain...un mirage ? non, c'est bien réel : au sommet, une table couverte de bouteilles d'eau et 2 bénévoles qui nous arrosent et nous abreuvent ! Dans l'euphorie, je ne suis pas sûr que le bénévole m'ait bien pointé et lui demande de confirmer (ce serait ballot si près du but !).
Ensuite, 3 km de sentier balcon, face au majestueux Mont-Blanc :nous sommes dans la carte postale !
J'aperçois soudain au loin le dernier ravito de la Flégère, avant la descente sur Chamonix. L'émotion me saisit, une larme pointe : "P....n,  je vais être Finisher !"


La Flégère, km162, dernier pointage avant l'arrivée, dimanche, 13h53 :
Coca pour tout le monde, c'est ma tournée !
J'enfile le débardeur 1000 Pattes et m'élance victorieux dans la pente bien raide : "Chargeeeeez !"
Quelques enjambées et PATATRAS !!! je dérape, chute lourdement sur les fesses et les coudes, fais 2 tonneaux avant d'être immobilisé par mon sac à dos...
Rien de cassé. Je récupére, éparpillés :  lunettes, casquette, bâtons, une rotule (non je déconne !)...
Je laisserai là ma fougue et, les mains sur les fesses, tout penaud, je reprends prudemment cette longue descente.
A mi-pente, aux magnifiques Chalets de La Floria, des spectateurs attablés devant une bière nous félicitent. Pour un peu je m'arrêterais m'en jeter une !


Chamonix, km169, 15h19 :
Je sais par SMS que mon fils est retardé par une rando plus longue que prévue. Dommage, on aurait tant aimé faire ce dernier kilomètre ensemble (ce n'est que partie remise).
Mais mon frère Jean-Pierre et un ami m'attendent avant le petit pont sur l'Arves. Ils m'escorteront comme 2 gardes du corps pendant ce kilomètre royal, le plus beau, sous les applaudissements des spectateurs encore très nombreux.
"Allez Denis" crient certains (magie du prénom sur le dossard). Je n'ai plus mal, je cours, je suis léger... pour un peu des ailes me poussent dans le dos ! Du pur bonheur...
Dernière ligne droite, j'aperçois mon père devant l'arche en train de filmer. Je lève les bras, c'est fait... je suis Finisher UTMB !


Les chiffres :
Je termine 1295e sur 1468 finishers en 45h26 (à 1 heure de la barrière horaire).
43% d'abandons.
2 kilos en moins
Une douche chaude pendant 20 minutes (pas bien !)
et enfin : UNE BIERE !

Denis Pacquelet

Commentaires   

FLORENCE GLAUME
0 #16 FLORENCE GLAUME 19-09-2016 15:43
Enfin j'ai pris le temps de lire ton récit !! C'est comme si on y était j'imagine pas ce qu'il faut devoir puisé au fond de soi pour faire une course pareil franchement t'es incroyable !!! Et le lundi tu étais au taf comme si de rien de tout ça ne c'était passé, on a pu voir ta perte de poids sur ton visage mais ta fierté aussi quand tu m'a lancé "Je l'ai fait" bon sang c'est sûr tu l'as fait et tu peux être fière !!! Encore bravo Denis
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mignardot eric
0 #15 mignardot eric 16-09-2016 13:30
Bravo Denis. J'ai également été de la partie cette année mais j'ai dû abandonner au 110ème suite à la tétanisation de mes jambes qui ne répondaient plus. Ton récit me fait couler les larmes. Félicitations. Eric
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Craky
0 #14 Craky 16-09-2016 12:59
Wahou ! Super ton récit ! Ca donne presque envie de se lancer ... euh, dans un autre semi, ça suffira ;-) .
Félicitations, c'est un exploit ! Quand tu es arrivé, tu devais être tellement fier ! Bizz à Léo, le supporter !
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serge
0 #13 serge 11-09-2016 19:03
Respect ! que dire d'autres
Félicitation Denis.
Ce genre d'exploit me fait tout simplement halluciner ! comment est ce possible ? c'est quoi ta recette .. la potion d'Asterix ! ou alors tu es tombé dans la marmite depuis tout petit ...
En plus tu trouves le courage de nous faire vibrer en partageant par écrit cette aventure.
Encore bravo

Serge
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jean marie
0 #12 jean marie 09-09-2016 16:54
Un défi incroyable , BRAVO Denis...et c est génial a lire .
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Dailly cecile
+4 #11 Dailly cecile 08-09-2016 17:04
Bravo Denis très émouvant ton récit quel bonheur de te lire ..... Merci de nous faire partager ton aventure ....
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Gilles GRÉGOIRE
0 #10 Gilles GRÉGOIRE 07-09-2016 23:42
j'en ai des frissons... et aussi les larmes aux yeux. tu nous fais envie de suivre tes traces...( un jour peut être ). Bravo, bravissimo. belle élan de solidarité de tous les messages que tu as reçu des 1000 pattes.
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Annick la blonde
0 #9 Annick la blonde 07-09-2016 18:13
Je trouve pas les mots pour te féliciter.
Je suis très émue de ton récit et surtout de ton exploit!! :lol:
Bravo Denis!!
Et en plus finir avec le maillot des 1000 pattes est un honneur pour l'association...
Je suppose que ton fils a fini la course virtuellement avec toi!!! Cela donne des ailes...
Encore BRAVO
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Fred
+2 #8 Fred 07-09-2016 13:23
J'en ai des frissons !!! Bravo Denis
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Cricri
+1 #7 Cricri 06-09-2016 22:56
1000 fois Bravo Denis pour cet exploit qui me laisse très admirative ...Grâce aux détails de ton récit captivant, émouvant et parfois amusant nous avons eu l'impression de suivre ton ombre dans cette promenade de 45h26 ;-)
Merci pour tes conseils culinaires et astuces/remèdes: les granulés d'homéopathie "Cuprum Métallicum" retiendront mon intention pour vaincre les crampes, sans oublier le jus de citron ...pour le moins efficace !
Et tu avais même pensé à revêtir de la tenue 1000 Pattes ; alors encore BRAVO
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